Miner 1 Bitcoin coûte 34% plus cher qu’il y a 6 mois : le coût du minage s’envole
Une installation de minage de cryptomonnaies ; l’extraction d’un seul Bitcoin exige de plus en plus de puissance et d’énergie.
Tel de vaillants aventuriers du Web3, les mineurs de Bitcoin doivent faire face à un défi grandissant : en l’espace de six mois, le coût pour miner un seul Bitcoin a bondi d’environ 34%, franchissant la barre des 70 000 dollars en coûts d’exploitation.
Cette envolée, mise en lumière par le rapport spécialisé TheMinerMag en juin 2025, illustre à quel point l’activité de minage devient onéreuse pour les participants du réseau. Heureusement, grâce à un Bitcoin s’échangeant autour de 100 000 $ à la même période, la plupart des mineurs conservent encore une marge bénéficiaire suffisante pour rester rentables – bien que celle-ci s’amenuise et n’intègre pas l’amortissement du matériel coûteux nécessaire au minage.
Un coût de production qui explose en 2025
En ce deuxième trimestre 2025, le coût d’exploitation médian pour créer 1 BTC dépasse désormais les 70 000 $, alors qu’il n’était estimé qu’à 52 000 $ fin 2024 (et 64 000 $ au premier trimestre 2025). Autrement dit, produire un bitcoin aujourd’hui coûte en moyenne 34% plus cher qu’il y a six mois.
À noter que ce calcul ne couvre que les dépenses directes (essentiellement l’électricité) et se base sur un tarif d’environ 0,06 $ par kWh, un prix très bas comparé à ce que paierait un particulier en Europe.
Dans les régions où l’énergie est plus onéreuse, le seuil de rentabilité du minage grimpe donc encore davantage. Sans surprise, cette explosion des coûts met surtout sous pression les mineurs les moins performants, dont les marges fondent dangereusement.
Pourquoi miner du Bitcoin devient de plus en plus cher ?
Plusieurs facteurs se conjuguent pour alourdir la facture de minage :
Le halving de 2024 :
En avril 2024, la récompense de minage a été divisée par deux (passant de 6,25 BTC à 3,125 BTC par bloc). Ce halving signifie que, du jour au lendemain, les mineurs gagnent deux fois moins de bitcoins pour le même travail, ce qui double mécaniquement le coût de production par BTC si le prix de l’énergie et la puissance déployée restent constants. Ce choc économique explique en grande partie la flambée des coûts unitaires après 2024.
Une difficulté de minage en hausse :
Le niveau de difficulté du réseau Bitcoin s’adapte à la puissance de calcul totale (hashrate) des mineurs. Or, le hashrate global a atteint des sommets historiques en 2025, frôlant le cap symbolique du zetahash (1 000 EH/s, soit un quintillion de hachages par seconde).
Ce record signifie qu’il y a une concurrence féroce entre mineurs : il est désormais 126 000 milliards de fois plus difficile de trouver un bloc Bitcoin qu’à ses débuts en 2009. Cette difficulté accrue oblige les mineurs à investir dans du matériel toujours plus performant et à consommer plus d’électricité pour maintenir leur part de récompense.
Le résultat est un cercle vertueux pour la robustesse du réseau, qui se sécurise davantage, mais un défi de plus en plus coûteux pour les mineurs eux-mêmes.
Des coûts énergétiques en augmentation :
L’électricité est le nerf de la guerre pour le minage, et son prix tend à augmenter dans de nombreuses régions. Certaines entreprises minières ont vu leurs factures d’énergie quasiment doubler en un an – la société Terawulf a par exemple subi une hausse du prix de l’électricité de 0,041 $ à 0,081 $ par kWh entre le premier trimestre 2024 et 2025. Une énergie plus chère vient directement rogner les marges des mineurs et gonfler le coût de revient de chaque bitcoin miné.
Une quête de plus en plus ardue pour les mineurs de BTC
Face à ces vents contraires, l’aventure du minage de Bitcoin devient une quête de plus en plus ardue réservée aux acteurs les mieux équipés.
Les mineurs disposant d’une électricité bon marché et d’infrastructures ultra-efficaces continuent de tirer leur épingle du jeu, tandis que les opérateurs moins compétitifs risquent l’éviction. Les mineurs industriels les plus efficaces parviennent encore à dégager des profits avec un Bitcoin aux alentours de 100 000 $ – profitant d’une marge de sécurité malgré des coûts de ~70 000 $ par BTC.
En revanche, pour les petits mineurs ou ceux aux coûts élevés, la situation est précaire : chaque hausse de difficulté ou de la facture d’électricité peut faire basculer leur activité dans le rouge.
Beaucoup de mineurs ont dû adapter leur stratégie pour survivre dans ce contexte post-halving exigeant. Concrètement, ils vendent une plus grande part de leurs bitcoins minés afin de financer leurs dépenses et investissements.
En mars 2025, les mineurs cotés en Bourse ont ainsi vendu 42% de leur production mensuelle, un niveau record depuis octobre dernier.
Cette reprise des ventes coïncide avec une augmentation généralisée des dépenses d’investissement : extension des infrastructures, mise à niveau des ASICs, diversification vers d’autres activités de calcul haute performance – autant d’initiatives nécessitant des capitaux frais pour rester dans la course. En d’autres termes, même les aventuriers du minage doivent parfois sacrifier une partie de leur butin pour renforcer leur équipement et continuer l’expédition.
Parallèlement, les grands guildes du minage (entreprises spécialisées) redoublent d’efforts pour garder une longueur d’avance. Par exemple, Marathon Digital Holdings – l’un des leaders du secteur – a récemment augmenté sa puissance de hachage de plus de 30% en l’espace de quelques mois, tout en ne vendant quasiment aucun des bitcoins minés.
Ce choix de conserver le fruit de son minage suggère que Marathon dispose de suffisamment de capitaux pour couvrir ses coûts opérationnels, quitte à s’endetter lourdement pour financer son expansion (la société affiche environ 2,6 milliards de dollars de dettes).
Cette stratégie agressive témoigne de la confiance de certains grands mineurs dans la valorisation future du Bitcoin, mais elle souligne aussi que le minage tend à devenir un luxe réservé aux acteurs capables d’investir massivement.
En somme, l’écosystème minier de Bitcoin est en pleine mutation sous l’effet combiné du halving et d’une concurrence acharnée.
Si la sécurité du réseau s’en trouve renforcée année après année, la route vers chaque nouveau Bitcoin est de plus en plus semée d’embûches. Seuls les explorateurs crypto les mieux armés – disposant d’une énergie abondante et de matériel de pointe – peuvent espérer continuer cette conquête du BTC dans des conditions viables.
Pour les autres, la sagesse pourrait être de chercher d’autres opportunités dans l’univers crypto, à moins d’un nouvel envol du prix du Bitcoin qui redonne un peu d’oxygène à tous ces valeureux mineurs.
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